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  • Vraiment bio ?

     

    Il est plutôt difficile de ne pas remarquer l’effervescence de la popularité des aliments biologiques au Québec. L’alimentation biologique est de plus en plus prisée par les gens soucieux de leur santé et de l’environnement. En effet, s’il s’agit d’une mode, il semblerait qu’elle est loin de se démoder compte tenue de sa croissance à chaque année. Bien entendu, encore plusieurs se questionnent sur la réelle plus-value et l’authenticité des aliments biologiques surtout compte tenu de leur prix plus élevé. Devant tant de doutes et peu de preuves scientifiques sur la valeur nutritive, pourquoi faire confiance à l’industrie biologique et accepter de payer plus cher ?



    Il était une fois…

     

    Les engrais chimiques furent inventés en utilisant les mêmes procédés ayant servi à la fabrication d’explosifs de guerre. En 1924, près de quinze ans après le début de l’utilisation massive d’engrais chimiques, quelques agriculteurs préoccupés s’interrogèrent sur les effets néfastes de la fertilisation chimique de leurs sols. Ils se rendirent compte que cette pratique chimique dévitalisait leurs sols en tuant tous les micro-organismes et la micro-flore garants d’un sol fertile, dynamique, vivant et équilibré. Cette agriculture créait des plantes pauvres en vitamines, minéraux et oligo-éléments et fragilisait les souches, les rendant susceptibles aux parasites et aux maladies. Le traitement des cultures au moyen des pesticides et fongicides, contribuant aussi à la destruction des sols, de la faune et de la flore, s’avère donc nécessaire. Constatant les dégâts, les agriculteurs demandèrent alors à Rudolf Steiner, philosophe et fondateur de l’agriculture biodynamique, de les éduquer sur des méthodes agricoles qui entretiendraient des visées plus saines et une harmonie avec la nature.

     


    Le bio au Québec

     

    Le mouvement biologique s’installe initialement en Europe, puis aux États-Unis pour s’institutionnaliser au Québec au milieu des années 90, suite aux réformes conduites par le Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec.

     

    Dans le but de renforcer la confiance des consommateurs, il fût essentiel d’adopter des règles strictes garantes de la qualité et de l’authenticité de l’agriculture biologique. Afin de légaliser ces règles, la Loi sur les Appellations Réservées fut sanctionnée en 1996. L’appellation réservée est un signe officiel d’identification du respect d’un cahier de charges et de la traçabilité d’un produit. Elle est ainsi « un gage de crédibilité incontestable », selon le Conseil des appellations agroalimentaires du Québec (CAAQ).


    Une double crédibilité

     

    Afin de garantir le respect des règles et des procédures de l’agriculture biologique, un système de protection a été mis en place, soit la certification par des organismes indépendants. Ces derniers s’occupent de certifier les produits et aliments biologiques. De plus, ils sont obligatoirement tenus de se soumettre au programme d’accréditation du CAAQ ( www.caaq.org ) et de respecter un ensemble de normes provinciales et internationales (ISO-65).


    Imposteurs

     

    Beaucoup d’imposteurs profitent de l’ignorance des consommateurs en utilisant les termes « biologique », « bio », « sans engrais chimiques », « 70% bio » ou « organique » sans qu’aucun logo de certification ne soit présent sur l’emballage. Certains y inscrivent même au marqueur le mot « biologique ». Plusieurs consommateurs dépensent donc davantage, croyant payer pour une qualité supérieure. Si le produit n’affiche pas de logo, il n’est pas réglementé. Il n’y a donc aucune garantie que le produit dit « bio » l’est vraiment. On remarque le même problème avec l’usage des termes « naturel », « paysan », « fermier » ou « du terroir » : ces termes ne sont pas issus d’appellations réservées. Rien ne confirme cette qualité, aucune réglementation, ni cahier de charges pour en garantir l’authenticité. Heureusement, le site Internet du CAAQ dénonce les entreprises fautives dans le cadre d’une liste des constats d’infractions.


    Dénoncer

     

    Selon Yves Saint-Vincent, éleveur biologique et fondateur des deux Boucheries 100% biologiques Saint-Vincent aux marchés Atwater et Jean-Talon à Montréal, il est de notre responsabilité que de dénoncer les imposteurs. « Il faut arrêter de se laisser tromper et de faire l’autruche, explique-t-il. C’est notre santé qui est en jeu et il faut exiger les logos de certification. » Selon lui, l’alimentation biologique est synonyme d’une meilleure santé. Il explique qu’en Europe et au Japon, le consommateur est assuré de ne pas manger du bœuf à la vache folle, de l’agneau à la tremblante, du poulet à la grippe aviaire et du porc au circovirus, car toutes les espèces sont testées pour en garantir l’innocuité. De plus, la traçabilité est obligatoire de la ferme à l’assiette. Ici, on doit se pencher sur l’agriculture biologique pour avoir la même assurance. Un luxe le bio ? Peut-être pas !

     

    Manger vrai

     

    Il semble que les règles rigoureuses de l’agriculture biologique offrent la possibilité de manger vrai et éthique tout en contribuant à notre santé, celle de nos générations futures et celle de la planète. En exigeant la présence de logos d’organismes de certification dûment accrédités et en dénonçant ceux qui profitent faussement de l’engouement pour le biologique, on peut sans doute se doter d’une qualité alimentaire supérieure…à la base d’une santé optimale.

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